Le Crabe des Arts

The Man in the High Castle


Immédiatement efficace, addictive et riche en péripéties, voici une série uchronique détonnante qui donne tout dans ses premiers épisodes.


Suprématie nippo-germanique

Découvrez une uchronie haut de gamme, dans laquelle japonais et nazis se sont partagés le pouvoir aux États-Unis, depuis leur victoire en 47. The man in the High Castle nous offre l'opportunité de pénétrer dans un monde où la résistance se met en branle pour retrouver sa liberté, grâce à la diffusion d'un film diffusant une réalité alternative. Entre coups d'État, trahisons et agents infiltrés, la série délivre des rebondissements palpitants, au service d'acteurs impliqués et convaincants. Et la qualité de l'ensemble (y compris des décors !) se fait prestigieuse et permet de s'immerger pleinement dans cette série qui incarne une belle surprise de la part d'Amazone Prime Video qui pourrait bien devenir un concurrent sérieux de Netflix, Canal Play et consorts.

Adaptation exacerbée

Rufus Sewell en officier nazi
Rufus Sewell en officier nazi
Ceux qui ont lu le roman homonyme de Philip K. Dick, bien plus érudit et introspectif que cette adaptation, auront moins d'effets de surprise. Et il faudra attendre l'épisode dix pour que nous soit délivré le twist fantastique qui risque de surprendre les néophytes, et la deuxième saison pour voir le fameux Abendsen. Pourtant force est de constater la qualité de cette adaptation qui s'éloigne du matériau de base. L'histoire est au départ largement rehaussée en scènes d'action et en perversité du côté des vainqueurs nazis, ce qui rend le récit beaucoup plus divertissant sans pour autant perdre de sa qualité originelle. Car The man in the High Castle conserve grosso modo les grandes lignes de ses protagonistes principaux et devient à la fois plus héroïque et plus dramatique (on invente salle d'attente au gaz, charnier et assassinat), tout en distillant un suspense efficace par son aspect complot et agent-double. Une graine de révolte, inédite donc, germe à l'écran et permet de réactualiser le combat entre sémites et nazis. Pour vous donner une idée, ce qui ressemble le plus au roman c'est le dialogue entre Childan et le couple de japonais qui invite ce dernier à dîner.

Rythme irrégulier

Alexa Davalos, héroïne en milieu hostile
Alexa Davalos, héroïne en milieu hostile
Les quatre premiers épisodes sont menés tambour battant et agrémentés de "cliffhangers" cinglants. Quant au troisième, il voit l'apparition trop brève du chasseur de primes Marshall, un régal de personnage malfaisant. Avec son long manteau, son fusil et son cure-dent, l'acteur Burn Gorman, qui l'interprète, excelle en traqueur au faciès diabolique. Mais les autres comédiens ne sont pas en reste ; Alexa Davalos est pleine d'émotion dans le rôle de Juliana, Rupert Evans incarne un Frank Frink à fleur de peau, et Rufus Sewell, l'acteur du mythique Dark City, endosse élégamment le rôle d'un nazi. Bref, de belles performances au service d'un récit tendu, qui va pourtant considérablement ralentir son rythme dans la deuxième moitié de sa saison. Cela vous tiendra cependant en haleine et risque de vous inciter à vous plonger dans la saison deux qui offre une vraie réalité alternative.

THE MAN IN THE HIGH CASTLE
Crée par Frank Spotnitz
Avec Alexa Davalos, Rufus Sewell, Rupert Evans, Luke Kleintank, Cary-Hiroyuki Tagawa, Joel de la Fuente, DJ Qualls, Burn Gorman.
2 saisons de 10 épisodes

Rédigé le Samedi 1 Avril 2017 | Lu 83 fois | 0 commentaire(s)



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