Le Crabe des Arts

Ce ne sont pas les bons films qui manquent dans les salles, alors il est l'heure de filer au cinéma ! Le Crabe vous offre des places, nouvelle énigme, attention (!), pas évident ce mois-ci... Bonne chance ;)


16 places de cinéma à gagner
Enigme : Je ne suis pas sans rapport avec un berger, mais je ne le dois pas à mes frisettes. 

Enfant du siècle, j'ai quand même traversé le temps pictural par l'impressionnisme, pour finir à table avec mon double maternel.


Qui suis-je ?

 



Rédigé par .

A l'affiche





Voici une comédie musicale totalement envoûtante et enjouée, qui ravira même ceux qui ne sont pas adeptes du genre. Un conseil, ne manquez pas cette pure bouffée d'émotion !


La La Land
Voici le retour de l'enfant prodige ! En seulement deux films, le réalisateur Damien Chazelle convoque une virtuosité rare, pour un effet tout aussi dévastateur que les premières réalisations de Baz Luhrmann. En ravivant la fougue et l'intensité des traditions musicales du septième art, Chazelle s'affirme comme le renouveau d'un folklore désuet, défendant avec insolence le jazz. Son long-métrage se révèle rythmé, millimétré et débordant de vitalité et d'émotion ; en bref, c'est du bonheur à l'état pur.
À la projection de ce La La Land, on comprend que toutes les récompenses que le film a obtenues étaient amplement méritées.
La séquence d'ouverture par exemple, au cœur des embouteillages, rappelle la frénésie urbaine d'un West Side Story, tout en faisant référence au Huit et demi de Fellini. On est scotché d'emblée à notre siège, ébahi face à ce mélange d'énergie et de maîtrise parfaitement orchestré. Le réalisateur enchaîne les plans séquences avec un brio remarquable tandis que la magie opère instantanément.

Littérature





Véritable hymne à la révolte intellectuelle, voici le récit d'un écrivain culte au Japon, qui met ici en scène un alter ego luttant contre l'état d'esprit des citoyens qui se soumettent aveuglément aux pouvoirs de l'argent !


Rafales d'automne
Rafales d'automne est un roman passionnant. Il met en scène Dôya, un professeur qui, après avoir enseigné dans plusieurs collèges de province, revient vivre à Tôkyô en renonçant à sa profession afin de se consacrer totalement à l'écriture. Son objectif est clairement intellectuel, et Dôya ira jusqu'au bout, quitte à mettre en péril son couple et à crouler sous les dettes. En parallèle, on découvre l'amitié et la trajectoire de deux jeunes diplômés que tout oppose.
Écrite en 1908, cette histoire est toujours d'actualité. Elle nous interroge sur notre comportement face au pouvoir de l'argent et la fascination qu'il exerce sur le concitoyen. Car la richesse confère, à celui qui en bénéficie, une supériorité malvenue. Et son auteur, Sôseki, s'efforce de la relever au cours d'un roman plaidoyer bigrement efficace.

Après sept ans de silence, Jamiroquai sort un tout nouvel album annonçant sa renaissance électro, pendant que son avatar niçois, le groupe Majiroquai, entretient, avec talent, la tradition acid jazz de ses débuts .


A l'écoute du titre "Automaton", premier extrait du nouvel album de Jamiroquai, on peut d'ores et déjà se dire que les sept ans de réflexion que s'est donné le cow-boy de l'espace, Jay Kay, n'ont pas été inutiles. Sophistication de la mélodie, production ultra-nerveuse, arrangements electro élégants, groove inégalable, ce nouvel opus promet l'excellence, renouant avec  celle des premiers albums. Certes Jamiroquai avait depuis longtemps,  à partir de "synchronized ", investi le terrain de la dance electro mais à la longue, son inspiration s'était affadie, cédant aux sirènes de la facilité et de la frénésie des dance-floor. Malgré le renouvellement incessant des couvre-chef de Jay Kay, la magie ne semblait plus opérer, et le peu inspiré "Rock Dust Light Star" entre disco et pop FM a laissé en 2010 les fans quelque peu désabusés.
Voici donc la renaissance attendue : la maturité et l'exigence semblent au rendez-vous, envoyant un pavé atomique dans la marre de la disco electro actuelle, dominée par la médiocrité et la répétition des mêmes formules éculées, à la sauce Daft Punk. Coiffé d'un nouveau totem cosmique et post moderne, Jay Kay reprend, avec brio, l'initiative mondiale, lançant une révolution Cyber funk. On attend avec impatience le reste de l'album qui sort en mars prochain ainsi que la tournée mondiale qui suivra.

Créé au TNN en ce mois de janvier, "Le voyage de Miriam Frisch", objet théâtral non identifié, mis en scène par la très inventive Linda Blanchet, a installé les spectateurs autour d'une table. Récit de cette singulière aventure.


"Le voyage de Miriam Frisch" au TNN: utopie théâtrale autour d'une table
Ce soir là, nous sommes quarante spectateurs, invités à monter dans les étages du TNN jusqu'à la grande salle de répétition. On nous fait asseoir autour d'une grande tablée en bois brut. Nous nous installons intrigués et un peu gênés. Les quatre comédiens nous accueillent sans un mot . "Le voyage de Miriam Frisch" débute et ce faisant lance un défi théâtral à ses quatre comédiens, ultra concentrés sur leur jeu et leur texte très écrits, mis en scène au millimètre et synchronisé avec un dispositif complexe, mêlant projection d'images filmées, de photos, manipulation d'objets quotidiens,  écoute de morceaux de musique ou de discours; en même temps, ils doivent,  autour de la table, se mêler aux spectateurs, les solliciter, les impliquer physiquement dans l'histoire qu'ils ont à raconter. Ainsi, au milieu de la pièce, ils ont sept minutes chrono pour faire voter les spectateurs à main levée sur un projet de constitution d'une communauté rurale (un kibboutz israélien)  avec le risque que certains, oubliant leur statut, se prêtent trop au jeu, voulant même intervenir.  Mais les comédiens sont les gardiens du texte qu'ils ont à jouer, dont il ne doivent pas dévier: ils veillent avec douceur aux réactions du public ! Plus tard, on distribue et soumet à la réflexion des spectateurs des photos prises par l'héroïne de l'histoire, lors de son voyage en Israël (des photos véridiques car ce voyage est une histoire vraie, entrepris à dessein pour créer la pièce). Au final, on partage, en quarante parts, une omelette aux tomates qu'une des comédiennes a cuisiné en direct pendant le spectacle. Ainsi se mélangent dans un équilibre miraculeux mais évident, réalité, fiction, scène, public, jeu, gestes spontanés, émotions personnelles. Un rêve éveillé, vécu et ressenti collectivement, ou plutôt une expérience utopique qui aura duré une heure et demie.

 

A l'affiche





Après « Moi, Moche et Méchant » et « Les Minions », les studios Illumination reviennent avec « Tous En Scène » un film d'animation touchant, déjanté et inventif.


Tous En Scène

Dans la continuité de Zootopie, on se retrouve dans une ville peuplée d'animaux en tous genres coexistant en harmonie ou presque. Pour relancer l'activité de son théâtre, Buster Moon un petit koala aux grands rêves décide d'organiser – maladroitement – un concours de chant. Des candidats talentueux s'affrontent alors dans un remake animalier de la "Nouvelle Star" dans l'espoir de remporter le gros lot.

Gagnez vos invitations pour voir l'adaptation théâtre de ce grand cru des Monty Python ! "Le sens de la vie", dans le viseur des 4 à Strophes, troupe de théâtre qui se produit dans la salle très cosy et intimiste de l'Impertinent, à Nice.
Dates : 3, 4, 5 février et 10, 11, 12 février prochains !
Et pour vous faire cogiter, une question, ci-dessous... bonne chance !


Théâtre : places à gagner pour "Le Sens de la vie" à l'Impertinent (Nice)



Rédigé par .

A l'affiche





Grâce aux nombreuses qualités de ce biopic - on en oublierait presque ses défauts - on se laisse emporter par cette traversée des souffrances qui atteint son but.


Dalida
Lisa Azuelos, réalisatrice française douée, parvient une fois de plus à imposer son style visuel. Après Une rencontre, elle confirme son goût pour les contrastes et les couleurs chatoyantes des lumières artificielles. La réalisatrice renouvelle aussi son intérêt pour les histoires d'amour. Et celle de Iolanda Gigliotti, alias Dalida, mérite amplement le détour. Son parcours est jalonné de déceptions amoureuses que le film transforme en fulgurances sèches et désespérées. Ainsi les morts s'accumulent autour de la chanteuse dans des moments cinématographiques aussi forts que fugaces.
Bien qu'au départ on ait un peu de mal à entrer dans le long-métrage, qui met fortement l'accent sur les chansons de Dalida, on finit par être rapidement happé par le drame qui se déploie avec force sous nos yeux. Et si l'émotion point, c'est grâce à l'aspect intimiste d'un long-métrage qui se focalise sur la personne privée plutôt que publique.

A l'occasion des répétitions de "Manon" de Jules Massenet à l'Opéra de Monte-Carlo, portrait et interview de Benjamin Laurent, chef de chant, qui exerce une profession mal connue du public mais ô combien essentielle pour une production lyrique.


Répétitions dans la salle Garnier de l'Opéra de Monte-Carlo
A 32 ans, Benjamin Laurent, n'en est pas à sa première production à l'Opéra de Monte Carlo. Il y a deux ans, il préparait déjà les chanteurs pour "L'Elixir d'amour" de Donizetti sous la baguette de Nathalie Stutzmann. Enfant du pays, ce pianiste aux multiples talents (pianiste soliste, compositeur, animateur radio, comédien), formé au Conservatoire National Supérieur de Paris, assure une nouvelle fois pour cette grande maison lyrique, son métier de chef de chant à l'occasion de la nouvelle production de l'opéra "Manon".
Dix heures par jour, durant les deux semaines que durent les répétitions, il a la responsabilité de tout ce qui est vocal : il sert de lien entre les chanteurs et le chef d’orchestre, le metteur en scène et la régie.
Fort d'avoir appris au préalable la partition entière de l'orchestre réduite pour le piano (deux mains pour jouer tous les instruments), il fait office de pianiste-répétiteur dans les studios.
Pour les chanteurs, il remplace l’orchestre qui répète de son côté. "Pour ça je dois parfaitement connaître tous les rôles car pour donner la réplique, je suis amené à les chanter moi-même tout en jouant au piano, avec la même précision et les mêmes difficultés que les chanteurs eux-mêmes; tout particulièrement pour cette production de "Manon" où la plupart des chanteurs les interprètent pour la première fois de leur carrière." explique Benjamin Laurent. Cela continue quand le travail passe sur le plateau. Pendant que le chef d'orchestre dirige tout son monde, le chef de chant s'installe dans la salle  pour écouter et tout noter. Il est alors chargé de conseiller les équilibres fosse-scène, reprendre les chanteurs sur quelques décalages de mise en place. Jusqu'à la générale, il aura accompli cette mission de maître des fondations vocales.

A l'affiche





Pour son deuxième film, le designer Tom Ford frappe encore plus fort et signe une œuvre vertigineuse et glaçante, un thriller dramatique aussi déroutant que sensoriel. En un mot : brillant !


Nocturnal Animals
Dès le générique d'ouverture, et sa galerie de créatures exacerbées, quelle claque ! Et le film ne déçoit à aucun moment. Il nous plonge continuellement dans son monde effrayant et ne cesse de nous happer par son étrange atmosphère dans laquelle les personnages se noient. Car derrière la beauté glacée de son esthétique, Nocturnal animals ressemble à une descente aux enfers.
D'un côté on suit la vie de Susan, cette galeriste issue du milieu aisé - et qui a pour ex Edward - et de l'autre on découvre le manuscrit d'Edward, dans lequel il se met en scène, et que Susan lit le soir venu. Les passerelles entre les deux récits sont toutes superbes et arrivent à point nommé, ponctuant habilement les climax émotionnels. Et surtout, l'un et l'autre sont intimement liés, jamais gratuits, et permettent de comprendre l'enjeu principal.
Nocturnal animals est un thriller implacable, hautement anxiogène, et d'une intelligence confondante, qui vous hantera longtemps après la projection.
1 2 3 4 5 » ... 72