Le Crabe des Arts

Pour sa première édition, le nouveau festival littéraire de Marseille "Oh les beaux jours !" proposait samedi 27 mai une soirée exceptionnelle de lectures publiques, mises en scène au théâtre de la Criée. Récit d'un soir pas comme les autres.


"Oh les beaux jours !" : Criez les beaux textes !
Tout est parti des photos des passagers de la ligne du bus n°72 , prises, à l'aide de son téléphone portable, par le journaliste-animateur de Radio France, Vincent Josse, lui-même usager de cette ligne qu'il emprunte quotidiennement pour se rendre à la maison de la radio à Paris. Cette collection de clichés lui a donné l'idée d'aller plus loin : inviter quelques écrivains amis, et pas des moindres — Marie Darrieusecq, Susie Moregenstern, Annie Ernaux, Vincent Delerm parmi d'autres — à composer de courtes histoires, inspirées des visages des passagers photographiés; puis d'en faire un spectacle où, alors que seraient projetées les photographies choisies, chaque texte correspondant serait lu et joué sur scène par un duo de comédiens virevoltants (Emmanuel Noblet, tout juste primé aux Molière 2017 et Constance Dollé), tous deux accompagnés par des mélodies composées et jouées en direct par une violoncelliste solo (Maëva Le Berre). Résultat : une heure et demi de voyage, au sens propre comme au figuré, déroulant avec souvent beaucoup d'humour, d'invention et d'émotion, les histoires complètement imaginaires de ces passagers bien réels, devenus sous la plume d'écrivains très en verve, les personnages d'une fiction d'un jour, quelquefois à leur corps défendant. C'est comme une pêche miraculeuse, qui plonge sa ligne dans ces visages, pour en capter des vérités humaines autant minuscules qu'universelles. Grâce à l'écriture, aux voix et à la musique, ces visages "parlent", une expérience "levinassienne" en somme qui touche directement au coeur et satisfait, avec jubilation, notre désir inassouvi de lire dans les pensées des inconnus que nous croisons tous les jours. Pas étonnant alors que "Le Bus 72" ait été ovationné par le public. Vincent Josse a réussi le pari finalement ambitieux et un peu fou, de faire de modestes photos personnelles, une oeuvre d'art accomplie, servie par le meilleur de la littérature française d'aujourd'hui (mention spéciale à Marie Darrieussecq, Arthur Dreyfus et Annie Ernaux). Reste le mystère de ce qu'auraient pu en penser les "cobayes" de ces f(r)ictions littéraires, se regardant sur le grand écran et écoutant le récit de ces vies qu'il n'ont sans doute jamais vécue ! A moins que... 

A l'affiche





Film d'épouvante prometteur, cette séance d'autopsie se révèle finalement trop décousue et ne tient pas ses promesses jusqu'au bout, dommage.


The Jane Doe identity
Des corps sont disséqués par un père et son fils, dans le sous-sol de leur maison familiale, afin d'identifier les causes des décès. Mais l'exercice de routine vire au cauchemar lorsque le corps d'une jeune femme est apportée par un agent de police afin d'être examiné le soir-même.
Une morgue, des médecins-légistes et une ambiance anxiogène, voilà les ingrédients nécessaires pour un film original et perturbant. Malgré tout, après un début on ne peut plus pragmatique, et fort réussi car on prend le temps de plonger dans cet univers malsain et réaliste, The autopsy of Jane Doe bascule dans le surnaturel avec lourdeur. L'histoire perd de sa crédibilité tandis que les événements s'enchaînent sans que la réaction des protagonistes ne concordent avec une quelconque logique.

A l'affiche





Premier film et premier essai concluant pour ce Get Out qui parvient à créer le malaise tout en dénonçant une certaine idéologie raciale exacerbée.


Get Out
Jordan Peele, jeune réalisateur américain très prometteur, nous livre Get Out, son premier long qui a fait un carton aux USA et pour cause ! Film à petit budget, Get Out  tire son épingle du jeu grâce à son originalité et à sa réalisation stylisée. En plus de créer le malaise - imaginez un peu, un jeune noir débarquant dans la riche propriété de famille de sa blanche fiancée - Get Out nous offre des scènes surréalistes dans une ambiance tout à fait étrange et déconcertante. On ne sait sur quel pied danser - entre humour, personnages difficiles à cerner et atmosphère oppressante - et cela fait du bien d'être malmené sans tomber dans les clichés du registre horrifique. Jordan Peele orchestre ici un petit exploit.

Allez, c'est reparti pour un tour !!! Avec le Crabe, c'est le printemps du cinéma toute l'année.
Votre chance de gagner des places en décryptant l'énigme ci-dessous ;)
Bonne chance !





Rédigé par .

Séries T.V.





Loin des séries pour adolescents édulcorées et surjouées, la série polémique "13 Reasons Why" n'hésite pas à mettre en avant une vérité qui dérange pour dénoncer une sombre réalité. Voici les 13 raisons de la regarder...


Basée sur les romans du même nom écrit par Jay Asher, la série 13 Reasons Why suit Clay Jensen, un adolescent lambda qui découvre devant sa porte une mystérieuse boîte portant son nom. À l'intérieur, 13 cassettes enregistrées par Hannah Baker, une fille de sa classe, expliquant les 13 raisons qui l'ont conduit au suicide deux semaines auparavant...

13 Reasons Why

A l'affiche





Être pris au piège dans votre voiture au beau milieu d'un tunnel effondré, ça vous dirait ? Voici ce que vous propose de vivre ce film coréen haletant !


Tunnel
Tout commence dans une banale station-service. Lee Jung-Soo, concessionnaire de voiture, fait le plein avant de continuer son trajet. Il est seul au volant de sa berline avec, à l'arrière, le gâteau d'anniversaire pour sa fille. Mais lorsqu'il passe dans le tunnel de Hado, les événements vont prendre une tournure cauchemardesque.
Avec Tunnel on entre dans le vif du sujet au bout de cinq minutes à peine. Notre héros, aussitôt pris au piège à cause d'un glissement de terrain, va devoir user de persévérance pour survivre.
Évidemment on peut penser au Buried de Rodrigo Cortés, mais Tunnel ne se focalise pas uniquement sur le point de vue du personnage central. On a également droit aux péripéties qui se déroulent à l'extérieur, et notamment celles incluant Se-Hyun, la femme de la victime.

« Les meilleurs romans que j’ai écrits » déclarait Edith Pargeter, la reine britannique du roman médiéval. Redécouvrez en édition intégrale cette saga qui préfigure Les piliers de la Terre ou Le nom de la rose.


"L'arbre du paradis" d'Ellis Peters

Edith Pargeter est connue en France en tant qu'Ellis Peters, pseudo sous lequel elle a écrit les séries policières de l'inspecteur False et du frère Cadfael (à découvrir aux édition 10/18). Mais c'est sous son vrai nom qu'elle a signé, entre 1935 et 1995, pas moins de trente romans prenant l'Angleterre médiévale pour cadre. Et c'est avec cette trilogie de L'arbre du paradis qu'elle estimait avoir atteint son sommet.

Harry Talvace, jeune tailleur de pierre ambitieux, conclut un terrible pacte avec le riche seigneur de Parfois, Ralf Isambard : il a les mains libres pour édifier la cathédrale de ses rêves, mais s'il trahit son seigneur, on lui arrachera le cœur. Quinze ans plus tard, son fils, tout aussi ardent et obstiné, ivre de vengeance, croisera aussi la route du vieux loup Isambard.

Deux des plus célèbres personnages de la bande-dessinée franco-belge ont fêté leur anniversaire. Retour sur les événements qui ont marqué le coup.


Anthologie en 60 gags parues chez Dupuis
L'un est un cow boy solitaire, l'autre un héros sans emploi. L'un erre loin de son foyer, l'autre évite le travail avec ses copains de chez-Smith-en-face. L'un a pour seul compagnon un cheval rigolard, l'autre vit entouré de toute une ménagerie et de collègues râleurs...
Gaston et Lucky Luke sont les deux créations phares de leur auteur, celles dans lesquelles ils ont mis leurs tripes et pour lesquelles ils se sont battus becs et ongles : Franquin a abandonné Spirou, Morris claqué la porte de Dupuis. Les deux personnages sont des icônes et leur anniversaire est l'occasion de revenir sur leur longue carrière.

A l'occasion des cent ans de Danielle Darrieux, Clara Laurent, originaire de Nice, publie la première grande biographie consacrée à cette actrice exceptionnelle, qui a marqué en huit décennies de carrière l'histoire du cinéma, mais aussi celle des femmes. Interview de l'auteure.


"Danielle Darrieux, une femme moderne" de Clara Laurent:  la première véritable biographie d'une actrice centenaire
Danielle Darrieux se raconte un peu dans un beau livre de photographies publié en 1993. Elle reste elliptique sur nombre de films qu’elle juge sévèrement, et demeure de façon générale très discrète sur sa vie personnelle. La lecture de ce livre m’a donné envie d’en savoir plus sur cette immense actrice. Or très peu d’ouvrages proposaient d’aller plus loin dans l’analyse de sa carrière, alors qu’elle représente un monument du cinéma

Un survival dans l'espace, ça vous dit ? Un de plus me direz-vous ; c'est vrai que de Alien à Gravity, les références ne manquent pas, pourtant ce Life se révèle digne d'intérêt !


Life : origine inconnue
Doté d'une réalisation soignée, de solides effets spéciaux et d'une bonne dose de suspense, Life est un divertissement à sensations fortes réussi. Dès le départ, on y découvre, dans un faux plan-séquence ambitieux, l'équipage de l'ISS (station spatiale internationale), qui récupère des échantillons prélevés sur Mars. Après analyse et quelques essais, les astronautes découvrent la présence d'un organisme vivant extraterrestre. La suite, on s'en doute, va virer au cauchemar pour chacun d'entre eux.
Sans être aussi original et tendu que le "huitième passager", l'organisme nommé Calvin va tout de même instiller le frisson chez son spectateur et donner du fil à retordre à ses personnages.
1 2 3 4 5 » ... 76